Hymne à Inanna, Tempête de Tonnerre Fracassant

Je poursuis la traduction (de l’anglais vers le français) partielle du livre de Diane Wolkstein et Samuel Kramer, Queen of Heaven and Earth, her stories and hymns from Sumer. Voici le second des sept hymnes à Inanna. L’adaptation de Wolkstein se base en partie sur la thèse de doctorat de David Reisman, présentée au Département Oriental de l’Université de Pennsylvanie (1969), intitulée The Sumerian Royal Hymns ainsi que sur le livre From Poetry of Sumer de Samuel N. Kramer.

Pour lire l’Hymne premier à Inanna : Sainte Prêtresse du Ciel, c’est ici !

Extrait des Sept Hymnes à Inanna. Hymne second : Tempête de tonnerre fracassant

Fière Reine des Dieux de la Terre, Suprême Parmi les Dieux des Cieux,

Tempête de Tonnerre Fracassant, tu verses ta pluie sur toutes les terres et tout le peuple.

Tu fais frémir les cieux et trembler la terre.

Grande Prêtresse, qui peut apaiser ton cœur troublé ?

 

Tu brilles comme l’éclair sur les montagnes ; tu lances tes brandons d’un bout à l’autre de la terre.

Ton commandement assourdissant, sifflant comme le Vent du Sud, sépare les hautes montagnes.

Tu piétines le rebelle tel un taureau sauvage ; les cieux et la terre tremblent.

Sainte Prêtresse, qui peut adoucir ton cœur troublé ?
Ton cri effroyable provenant des cieux dévore ses victimes.

Ta main frémissante provoque la chaleur de midi planant au-dessus de la mer.

Ta traque nocturne des cieux rafraîchit la terre par sa sombre brise.

Sainte Inanna, les rives débordent avec les crues de ton cœur…

 

Au septième jour lorsque le croissant de lune atteint sa plénitude,

Tu te baignes et asperges ton visage avec l’eau sacrée.

Tu couvres ton corps des longs vêtements en laine de la royauté,

Tu attaches combat et bataille à ton flanc ;

Tu les noues à ta ceinture et les laisses reposer ;

 

En Eridu tu as reçu les ME* du Dieu de la Sagesse,

Le Père Enki t’a présentée les ME* en son saint sanctuaire d’Eridu.

Il a placé la royauté et la divinité dans tes mains.

 

Tu gravis les marches jusqu’à ton haut trône.

En toute majesté tu t’y assois

Avec ton époux bien-aimé, Dumuzi, à tes côtés.

 

Les dieux du pays, désireux d’entendre leur destinée, viennent devant toi.

Les dieux des cieux et de la terre s’agenouillent devant toi.

Les créatures vivantes et le peuple (de Sumer) viennent devant toi.

Le peuple (de Sumer) qui parade devant toi

Est stoppé par ton regard,

Et tenu sous ton saint joug.

 

* Note : les « ME » peuvent être traduits par « lois divines » bien que le concept soit plus complexe. Lire l’article en lien à ce sujet. 

 

Enki

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